EMOTIVEMENT VOTRES

TEXTES AMIS - POESIE - GIFS - TERRES IMAGinERES

31 octobre 2008

LE MONSTRE

TEXTE de MANDRIN 45
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Je suis donc le Monstre, non l’objet phallique de vos phantasmes ou de ceux d’un Spielberg adolescent, simplement le Monstre, sur de ma puissance mais regardant tel un Gulliver anachronique les moustiques que vous êtes s’agiter autour de moi.


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Mon maître me direz vous puisque vous me pensez mécanique ou animal pour les plus poètes d’entre vous, mon maître donc, qui est il ? Je le vis pour la première fois un matin ordinaire où je m’ennuyais dans une cour d’usine. Vous dire l’impression que me fit son doux regard ténébreux, je n’ai pas de mots. Je me sentis Achille devant Patrocle, Héloïse devant Abélard (Note du traducteur : « avant le léger incident qui l’a fait survivre dans nos mémoires… »). L’évidence me frappa. J’étais sa chose. Nous étions Un.
Trente ans déjà que j’évoque sans nostalgie, mon amour toujours présent pour lui qui m’a conduit dans tant de lieux magiques et près de gens si merveilleux parfois par la simplicité et la chaleur de leur accueil.

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Les sables africains, les lacs nordiques,les montagnes pyrénéennes, l’émotion qui m’a envahi moi simple monstre devant le panneau « Bethléem 25km. »,les servantes accortes,la poésie de la nuit dans les zones industrielles abandonnées,peut être essaiera t’il de vous les faire vivre avec ses pauvres mots d’homme. Mais c’est moi le Monstre qui les partagea avec lui.
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Toujours je me suis paré d’atours différents pour exciter son désir et sa convoitise. Je veux être tout pour lui, son amant, sa maîtresse.

         


         



Ses abandons momentanés pour le monde futile des hommes ne me troublent pas. Je suis le Monstre et je sais que nos liens sont indestructibles. Sans lui je ne suis rien, sans moi il n’est qu’humain. Je le veille et le berçe quand il dort dans mon sein.
Bien sur au fil du temps, je me suis transformé. J’étais Berliet ou Saviem, me voila Mercedes ou Volvo. Je suis doté d’outils modernes et sécuritaires me dit-on. Ma vieille boite Fuller remplacée par une boite automatique, un ou deux turbos, l’électronique, le gps, l’abs et le crs.
Dans ma cabine vous trouvez un tableau de bord d’avion, des boutons partout. Le monde a changé aussi et je me contente le plus souvent d’avaler des kilomètres d’autoroute avec mes mille litres de gazole au parfum si subtil, huit cent kilomètres par jour en début de semaine pour faire plaisir à Martine Aubry, mille ou plus les autres jours de la semaine puisque nous sommes des « outlaw » à partir du mercredi matin.

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Rassurez vous esprits chagrins devant notre indifférence face à la loi,nous sommes des dinosaures mon maître et moi et nous ne sentons plus vraiment chez nous dans ce siècle si étrange manquant singulièrement de poésie. Question de croyances sûrement puisque Dédé le brigadiste nous l’avait prédit religieux…

Les insectes qui m’entourent, nous les voyons bien sur. Nous anticipons leur bêtise de croire que mes quarante tonnes se stoppent instantanément. Alors il conduit et j’assume ma condition de monstre domestiqué. Tous ces périphériques européens ne sont dissemblables que par le caractère différent des autochtones et je module mes élans suivant le pays où je me trouve.
Et puis des cadavres, nous en avons déjà eu notre compte. Ceux des inconnus et ceux de nos camarades couchés dans un fossé une nuit ordinaire et que la grue ne réveillera pas.

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Des corps calcinés, des caravanes éventrées, des débris humains sur la chaussée, ce banlieusard éclaté sur L’A86 dans sa voiture pourrie à 5 heures du matin et qui devait se rendre à son travail gagner un salaire de misère, cette tête qui roula jusqu’à mon pneu un matin de printemps avec le rictus de la vie encore présente. Ma gorge de monstre se serre lorsque je pense à eux et je bride ma puissance pour pouvoir éviter les pauvres choses fragiles que vous êtes sans en être conscients.
Heureusement la route n’est pas toujours un drame. Certains matins, je sens mon seigneur et maître s’éveiller d’humeur guillerette. Il me parle mais je ne l’entends déjà plus. Son regard canaille jauge mes formes parfaites. Je frissonne et une sorte de langueur attentive m’envahit. Il descend et déjà je ne suis plus moi. Il fouille mes entrailles, débranche des fils, trafique des plombs, je ne sais plus, je suis perdu. Il remonte, introduit la clé, il m’ébranle. Je soupire, je m’ébroue.

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Nous bougeons enfin jusqu’à la départementale oubliée, rendue glissante par la rosée du matin. Il me lâche la bride, je pars en longues glissades improbables. Il se déchaîne dans un virage impossible. Nous oublions tout. Je suis lui, il est moi.
Alors, si vous m’apercevez gambader dans un chemin de traverse, n’ayez pas peur. C’est seulement moi le Monstre qui passe le temps. Je m’ennuie de lui. Il reviendra je le sais. Je l’attends.

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Texte de Mandrin45 © 2007

         

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Posté par LOTUCE à 03:05 - TEXTES de MANDRIN45 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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30 octobre 2008

LA FLEUR du TEMPS

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TEXTE de DRAGONMIRE
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Le ciel s'assombrit progressivement,les nuages flottent au- dessus des montagnes , menaçants et inquiétants.

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Fascinée et terrifiée ,
une petite fleur au destin fastidieux aussi merveilleuse qu'étonnante, grelotte mais reste éperdument passive.
Une coulée de brume dévale la pente de la colline en effaçant la lumière du jour tandis que le fracas du tonnerre retentit aussitôt.

Les animaux de la forêt pris à dépourvus par cet orage fuient et se réfugient comme ils peuvent ,dans la quiétude pour échapper au mauvais temps persistant.
Si la montée des eaux s'avère être un refuge pour la vie aquatique ,elle est par conséquent un spectacle terrifiant et dévastateur pour toute autre vie sur terre.
L'explosion démesurée des torrents résonne vigoureusement alors qu'une déferlante vague d'eau recouvre subitement les plaines en inondant la vallée.

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La petite fleur est pris soudainement dans un tourbillon de boue destructrice mais quoi qu'il arrive l'âme du monde restera toujours intact .Malgré cette course effrénée contre les éléments en furie , le sol se dévoile , les champs refleurissent et les rayons du soleil pénètrent dans le coeur de la terre pour que la vie renaît à nouveau.

C'est l'été ,malgré la sécheresse et les pluies diluviennes ,l'irrésistible petite fleur jubile et sa volupté reste intacte et éclatante.

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Le temps passe ,les saisons défilent et ces pétales aussi intrigante que resplendissante brillent à l'affût du soleil .Le monde est subjugué par sa beauté , les fées aux ailes lumineuses survolent sans cesse les prairies évitant les branches des arbres pour venir admirer la jolie petite fleur.
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Plus tard ,ceux sont les nymphes des bois et celles des forêts qui viennent contempler et s'émerveiller devant elle.
Tout là –haut ,un aigle se laisse flotter et guider par l'air transitoire de l'indécis mais subrepticement le spectre du rapace se jette dans le vide et arriver au bord d'un précipice ,ralentit son vol ,plane et fonce inébranlablement sur une proie défiant la loi de la jubilation affective ; Un profanateur méditatif voulant brouter et goutter aux pétales appétissante de la petite végétale.
La rumeur ne cesse jamais alors la grâce et l'agilité de l'aigle réussi à faire fuir le petit rongeur.

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Les feuilles tombent une à une sur le sol jusqu'à ce que les branches soient entièrement dénudées.
Un vent glacial étire son voile désabusé d'Automne très loin ,au delà des sens.
Les champs sont vides ,les fleurs n'y sont plus et les étoiles ne brillent plus .Pourtant devant ce paysage dépravé et mélancolique ,la petite fleur subsiste toujours ,courtisée et parfois jalousée.
Elle est si belle et tellement pure ,alors serait-ce par son innocence gracieuse que sa perfection et son esthétisme reste aussi intact?
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La vie est imprévisible ,le reflet de la lune montre aux uns et aux autres l'étendue d'une dimension souvent réelle par parfois irréelle.

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Sur la surface scintillante des sommets enneigé ,le blizzard emmène dans sa masse démesurée l'hostilité des flocons exaltés.
Tandis que la tempête de neige persiste sur les hauteurs ,les eaux se figent créant des sculptures élégantes et irrationnelles.

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Les mois passent et la glace fini par fondre tandis que le printemps était attendu avec impatience.
Les cours d'eau deviennent des torrents qui s'immiscent ensuite dans les rivières immodérée et considérable.
Le bruit des cascades enthousiasme et apaise les esprits désenchanté du monde des êtres vivants.
Au milieu de l 'extravaguant amas de neige restant ,une petite fleur aux mille couleurs laisse échapper l'évidente parfum de la vie.
Secouant ses pétales , sa frénésie est adulé à l'ivresse de l'ode.
Le soleil brille ,les nuages se sont évaporés et un arc-en-ciel impavide et frémissant de nuance dévoile sa carnation féerique au monde de la forêt.

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Pourtant les feuilles se mettent à se cacher brusquement ,les branches se frétillent à l'approche d'un être maléfique.

C'est un homme portant un fusil et prêt à tuer sans état d'âme.
Les animaux apeurés et déstabilisés se courbent ,se cachent et s'enfuient dans un désarroi total.
Un coup de feu retentit ,la mort est ressenti et l'air est asphyxié par l'odeur invisible du sang . L'esprit d'un être a quitté son corps pour aller vers un autre monde , une nouvelle contrée que les vivants sont prohibés.

Une elfe suit par mépris les pas dérangeant de l'homme parsemés de sang qui le conduit à la petite fleur abîmée et écrasée par la lourdeur et par le passage du méprisant chasseur machiavélique .

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Serait-ce la fin des mésaventures de la petite fleur extirper par une tragédie dérisoire ,impunie et abject?

Fébrile et presque abattue , elle pleure des larmes mystique et son courage s'estompe et se dissolve
en même temps que sa pensée.
L'agonie finale et l'achèvement d'une vie précaire semble toucher à sa fin lorsque près d'elle ,une tige naissant de la terre s'élève et s'abaisse aussitôt sur elle.

Alors une fleur aussi éblouissante que rayonnante ,en pleine éclosion parsème sa clairvoyance sur la fragile créature meurtrie et comme par enchantement elle est réanimée et ramenée à la vie.

Ainsi ,malgré la tourmente et la pérégrination du temps ,elles se sont aimées et vécurent heureux jusqu'à la fin des temps sans jamais se fanées ni flétrir.

Leur histoires et leur péripéties sont encore contées par les grands sapins aujourd'hui encore après tant d'années et d' insouciance parcimonieux et péremptoire..

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Posté par LOTUCE à 04:24 - TEXTES AMIS - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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